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26 novembre 2021 5 26 /11 /novembre /2021 19:43

Bonjour les amis.

J'ai terminé la semaine dernière la lecture d'un pavé de 1100 pages de Chris Kraus intitulé LA FABRIQUE DES SALAUDS.

Il m'est  vraiment assez difficile de résumer un roman d'une telle envergure et je préfère partager avec vous un excellent article de Mélanie Talcott qui en parle très bien.

Alors, ce roman m'a vraiment donné du fil à retordre. D'abord je me suis rendu compte que je ne connaissais pas bien l'histoire de l' Allemagne d'après-guerre, et encore moins celle des pays baltes. Donc j'ai souvent interrompu ma lecture pour aller vérifier sur internet certains des événements narrés dans ce livre et aussi pour lire la biographie de certains personnages.

Même si certains épisodes nous paraissent complètement insensés, il est clair que l'auteur s'est très bien documenté et qu'il n' y a pas de contre-vérités dans ce livre.On croyait tout savoir sur cette époque mais Chris Kraus nous en apprend des vertes et des pas mûres.

La facilité avec laquelle nombre de nazis se sont reconvertis auprès des occidentaux est vraiment déconcertante, mais le roman explique bien pourquoi, en temps de guerre froide, les services secrets occidentaux ont offert une telle protection à certains anciens SS (mais Kraus ne justifie jamais ce cynisme).

Par ailleurs Koja, le personnage principal, est vraiment perturbant car c'est à la fois un peintre doué d'une grande sensibilité et qui a une parfaite conscience du Mal, mais ça ne l'empêchera pas dans certaines circonstances de participer lui-même à des actions répugnantes quand il s'y verra obligé. Ses histoires d'amour aussi sont perturbantes. Il lui arrive parfois d'être grand seigneur, profondément respectueux et fidèle (se sacrifiant lui-même), et parfois on est estomaqué par son cynisme ou son culot.

Plus d'une fois Koja m'a tellement agacé que j'ai rejeté le livre, mais, une fois ma colère passée, je l'ai repris patiemment car Koja me captivait aussi à travers ses contradictions terriblement humaines. Il tient à tout raconter dans le détail au hippie qui est son voisin de chambre sans rechercher à aucun moment son absolution. Le pauvre hippie en question en entend plus qu'il n' en peut supporter mais il ne peut se soustraire à la volonté de Koja qui l'a choisi comme dépositaire de son histoire. Koja témoigne et n'est jamais complaisant avec lui-même. 

Contrairement à ce que laisse sous-entendre Mélanie Malcott je trouve que l'auteur n'essaie jamais de justifier le Mal. Simplement il l'observe aussi chez des personnes qui, par ailleurs, possèdent une vraie sensibilité.

Ce livre est aussi une oeuvre assez courageuse car il semblerait que l'auteur se soit directement inspiré de personnes de sa propre famille (comme le personnage de Hub, frère de Koja).

Je n'ai pas aimé le titre français qui me paraît bien trop réducteur. Le titre original allemand DAS KALD BLUT (le sang froid) n'est pas terrible non plus. En Italie, ils ont proposé comme titre  I FIGLI DELLA FURIA ( les enfants de la fureur) qui me paraît coller davantage à cette oeuvre.

Quoiqu'il en soit le grand thème récurrent de ce livre c'est la banalité du Mal, cette banalité qui obséda la philosophe Hannah Arendt toute sa vie.

Le ton de l'auteur surprend car il n'hésite pas à narrer des événements tragiques sur ton de la farce, de la dérision et avec parfois un humour noir assez féroce (on pense parfois au Candide de Voltaire et à la manière avec laquelle il traversait les horreurs de son époque).

Enfin ce gros livre est aussi un monument littéraire très bien écrit (rythme, descriptions soignées, dialogues époustouflants, et il y a aussi certaines réflexions profondes de Koja sur lesquelles le lecteur prend le temps de s'arrêter). 

Le roman m'a tenu en haleine jusqu'à la dernière page (la fin est imprévisible, jubilatoire et féroce). J'en suis sorti rincé, vidé, écoeuré aussi... et, vous n'allez pas le croire mais, après avoir subi cette tornade de sentiments contradictoires j'ai été tenté de reprendre l'histoire au début et de la relire...

Aurais-je été, pour la première fois de ma vie, un lecteur développant un syndrome de Stockolm envers un personnage de roman?

 

 

 

 

La fabrique des salauds...ou la banalité du Mal.

Voici 3 extraits du roman.

...Elle souriait avec tant d'amertume que ce n'était même plus un sourire, et, pour le reste de la soirée, elle employa un ton méprisant et accusateur qui n'était à moitié gentil que dans les aigus (mais elle n'était de toute façon plus capable de gazouiller comme autrefois, sa langue de rossignol avait été arrachée et remplacée par un organe reptilien, excessivement fourchu, qui risquait de vous empoisonner à coups de remarques perfides). Elle cracha dans ses mains, et, faute de récupérer la scie, se mit en quête d'une autre occupation. Je ne pouvais rien pour elle, c'était un animal blessé à mort qui devait tenir sur ses jambes sans qu'on l'aide, sous peine de mordre ceux qui accouraient à son secours...

...Je sortis docilement mon carnet de croquis de la poche de mon uniforme, pris un crayon et commençai par les yeux. Il faut toujours commencer par là : beaucoup de gens qui ne savent pas dessiner croient à tort qu’on peut commencer par les traits du visage ou par le nez, alors que c’est le début de la fin. Je dessinai des yeux de hyène, car Himmler avait un rire de hyène, un rire perçant qui s’arrêtait net. Il avait de minuscules dents, mais ces dernières allaient devoir attendre. Sous les yeux, je plaçai un groin, un beau groin de cochon, et sous le groin, une moustache, et sous la moustache, une gueule ouverte et toute tordue, comme un museau de vache, dont je fis sortir un peu de foin. Pas de menton pour Himmler, car il n’en avait pas, les oreilles devinrent celles d’un ouistiti, et pour finir, au moment de choisir la silhouette, après avoir hésité entre la carpe et l’hippopotame, je me décidai pour le bon vieux porc domestique, avec ses grosses bajoues... 

...Dès dix-neuf quarante-sept, l’organisation juive clandestine Hagana employa des centaines d’armes à feu en provenance des réserves du général Rommel, acheminées à dos de chameau par le Sinaï jusqu’en Palestine. 
Un an plus tard, juste avant le début de la guerre d’indépendance, les Israéliens achetèrent à Prague vingt-cinq des avions Messerschmitt fabriqués pour la Luftwaffe dans les usines Avia, recouvrirent les croix gammées d’étoiles de David et, dans la bonne tradition Messerschmitt, allèrent canarder les Spitfires ennemis (repeints à l’égyptienne). 
Durant les combats acharnés contre la Jordanie, la Syrie, le Liban et les royaumes d’Irak et d’Égypte, des MG42, qu’on appelait aussi « tronçonneuses de Hitler », furent importés en fraude du sud de la France jusqu’en Israël. 
Des pistolets Heckler & Koch furent fournis en masse par les familles de la mafia sicilienne. 
Chez des marchands de canons grecs, on trouva des MP40 en quantité non négligeable. 
En bref : les armes allemandes empêchèrent la défaite des forces israéliennes... 

Chris Kraus

Chris Kraus

PS: En marge de ce livre et du sujet traité il se trouve qu'en Espagne un film intitulé EL SUSTITUTO (Le remplaçant) a été présenté le mois dernier. Ce film dont l'action se situe en 1982 (7 ans après la mort de Franco) parle des réfugiés nazis qui ont été protégés sous le régime franquiste. L'action se situe à Denia, très près de chez moi. Je savais par mon beau-père que notre canton avait servi de refuge à des criminels nazis en fuite. Voici la bande-annonce.

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23 juillet 2018 1 23 /07 /juillet /2018 08:58

Bonjour les amis,

Un petit scandale dans le monde sportif et politique allemand vient de connaître son épilogue cette semaine avec la démission de Mesut Özil de la sélection allemande de football, la Manschaft.

Tout a commencé en Mai dernier quand les internationaux allemands d'origine turque Mesut Ozil et Ilkay Gündogan ont posé dans un hôtel londonien avec le président Turc Recep Erdogan, alors que celui-ci était en pleine campagne électorale.

 

Quand la photo d' Özil posant avec Erdogan finit par provoquer la démission de l' international allemand...

Cette photo n' a pas manqué de soulever un tollé en Allemagne d' autant plus que Özil avait signé un maillot pour le président turc avec ces mots:

«Pour mon très cher président, avec tout mon respect».

En pleine campagne électorale, les deux joueurs de l' équipe d' Allemagne ont apporté leur soutien implicite à un président conservateur passéiste, rétrograde, qui foule à ses pieds certains droits de l' homme comme la liberté d' expression, qui emprisonne ses opposants, qui a organisé des purges de milliers de fonctionnaires et qui est partisan d' un retour à un islam intégriste. Ils ont soutenu un président autoritaire qui tourne le dos aux principes laïcs de la république turque fondée par Atatürk et qui proclame haut et fort que la femme n' est pas l' égale de l' homme.

Je comprends la colère et l' indignation que la photo des joueurs a provoquées en Allemagne.

Özil se défend bien mal en disant qu' il voulait juste saluer le président de son pays d' origine. Il l' a fait au pire moment, et pas du tout de manière neutre !

 

Ózil a décidé de quitter l' équipe nationale plutôt que de reconnaître qu' il avait commis une erreur en soutenant un dirigeant politique très controversé en pleine campagne électorale.

Errare humanum est, perseverare diabolicum ...

L' erreur est humaine mais l' entêtement ( dans l' erreur) est diabolique.

Özil, qui est un joueur que j' admire, se plante complètement quand il accuse ses détracteurs de racisme. C' est lui, Özil, qui n' a pas su rester prudent et maintenir une certaine distance avec un dirigeant coupable de graves atteintes aux droits de l'homme qui sont incompatibles avec les valeurs du pays qui l' a accueilli et dont il défendait les couleurs.

C' est lui qui s' est mis tout seul dans une position intenable et qui doit maintenant en accepter les conséquences. 

Il y avait 50 000 façons de marquer son respect pour le pays de ses ancêtres, et Özil a choisi la moins cohérente et la plus coupable...Dommage !

La Manschaft se reconstruira sans lui. Il n' y a plus sa place.

Et puisqu' on parle d' incohérence , la triste mésaventure d' Özil me permet de mettre le doigt sur le paradoxe qui existe au sein de la communauté turque allemande. Erdogan enregistre un vif succès électoral au sein de cette communauté, alors que nombres de leurs membres seraient aujourd' hui incapables de vivre dans leur pays d' origine, sous la dure férule de l' actuel président, bien trop habitués qu' ils sont aux libertés dont ils jouissent en Allemagne.

Voila un comportement qui frise la schizophrénie.

Ces partisans d'Erdogan vivant à l' étranger votent massivement en faveur d' un président dont ils n' auront pas à subir les excès. Drôle de façon de soutenir leurs compatriotes qui sont restés au bled...

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24 juin 2018 7 24 /06 /juin /2018 06:45

Bonjour les amis,

Les 2 ème journées du mondial nous offrent des matchs d' une incroyable intensité qui mettent les nerfs des joueurs ( et des spectateurs) à rude épreuve.

Après la Suisse qui a triomphé de la Serbie au cours d' un match exemplaire, après le Brésil qui est venu à bout du Costa-Rica de manière miraculeuse dans les arrêts de jeu, c' est l' Allemagne qui hier a flirté avec la mort et l' élimination.

Ce n' est qu' à la dernière minute des arrêts de jeu qu' elle a remporté à dix joueurs contre onze sa victoire contre la Suède et maintenu ses chances de qualification en 8 ème de finale.

Quel scénario ! Quel suspense !...

Toni Kroos qui durant le match avait fait une mauvaise passe ( très peu habituelle chez ce joueur d' une grande fiabilité) qui a amené le premier but suédois, s'est rattrapé en fin de jeu en signant un coup franc magistral, sublime...

Je me réjouis de ce résultat qui prime le jeu offensif.

C' est plus que mérité !

Je n' ai aucune envie de voir progresser dans cette compétition des équipes qui basent leur jeu en espérant une erreur de l' adversaire. J' en ai marre de ces entraîneurs qui poussent leurs joueurs à attendre prudemment l' équipe contraire repliés en défense. Le foot c' est produire du jeu, aller de l' avant, et pas seulement profiter de possibles approximations de l' adversaire.

Hier soir, j' ai été impressionné par l' efficacité du jeu suédois qui a eu très peu d'occasions mais qui a tiré un incroyable parti des erreurs défensives de la Mannschaft.

Plus réaliste en contre-attaques, tu meurs.

J' ai trouvé également incroyable que la défense suédoise n' ait pas explosé sous les coups de boutoir des attaquants allemands. Je crois que certains d' entre eux comme Thomas Müller ne sont plus complètement dans le coup même s' ils restent très actifs.

Ce qui fait la force de la Manschaft c' est que c' est une équipe qui ne pardonne pas...et hier, elle a pardonné, une fois, deux fois, moultes fois...

La Suède quant à elle est une équipe qui a résisté en phase de qualification à l' Italie durant 180 minutes sans prendre un but.Il y a quelque chose qui cloche dans le foot moderne. Normalement une équipe qui s' arc-boute en défense doit le payer tôt ou tard.

Hier les suédois ont payé mais à la minute 90+5'...Une minute avant le coup de sifflet final de l' arbitre. A croire que c' est Hitchcock qui avait signé le scénario.

Peu importe ! La morale est sauve ! Pour l' instant le jeu offensif est primé...mais pas suffisamment à mon goût.

En ce qui concerne la Mannschaft Joachim Löw va certainement essuyer de vives critiques après ce match. Tous ses joueurs n' étaient pas au meilleur niveau hier. C'est un peu surprenant à ce stade de la compétition. Malgré tout Löw a su apporter les changements opportuns, notamment avec l' entrée de Mario Gómez qui a dominé le jeu aérien.

PS: Hors-sujet

Je viens de me rendre compte que lors du match Suisse-Serbie, Shaqiri et Xhaka ont célébré leurs buts de manière très politique en mimant l' aigle symbole de l' Albanie...ça m' avait complètement échappé durant le match...

https://www.letemps.ch/sport/presse-serbe-denonce-une-provocation-apres-gestes-shaqiri-xhaka

 On ne sait plus si c' était Suisse Vs Serbie ou Kosovo Vs Serbie. Quoiqu' il en soit les 2 joueurs auraient pu se passer d' une telle provo. On est en 2018 et on ne va pas refaire l' histoire, ni réalimenter les rancoeurs. Ce qui est clair c' est que ce sont 2 joueurs kosovars qui ont renversé la Serbie. Quelle ironie !...pas franchement du goût des serbes...

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 10:36

Bonjour les amis,

Hier , je vous ai fait un petit topo sur  FRANTZ, le film de François Ozon qui parle d' amitiés et d' amours franco-allemandes.

J' ai été particulièrement sensible à cette histoire, et le film a provoqué un flash-back personnel, qui n'a rien à voir avec la première guerre mondiale, mais qui m' a replongé dans un épisode de ma vie affective...

C' était en 1981.Mitterrand venait d' être élu président et l' Europe entière s' interrogeait avec inquiétude sur son premier gouvernement dans lequel étaient entrés 6 ministres communistes ( j' étais moi-même affilié au PC à l' époque).

Je décide d' aller en Grande-Bretagne au mois de Juillet passer des vacances, avec une carte inter-rail qui me permettra de me déplacer librement, et gratuitement sur tout le territoire grand-breton.Mon idée c' était d' improviser mon voyage,sans route précise, et d' aller d' auberges de jeunesse en bed and breakfast, au gré de mes inspirations.

Donc, arrivé au mois de Juillet me voila embarqué vers la Grande -Bretagne.Premier arrêt à Londres où je passe deux ou trois jours et je décide ensuite d' aller vers l' Ecosse.

Dans le compartiment du train qui m' amène à Edimbourg, s' asseoit un jeune couple allemand.La jeune fille est très séduisante, de taille moyenne,au regard bleu clair,avec une jolie frimousse à la Claudia Schiffer, quelques tâches de rousseur,une chevelure blonde comme les blés coupée au carré, et des formes avantageuses et sensuelles qui ne pouvaient me laisser insensible.Une beauté très naturelle sans aucun artifice ni maquillage.

J' étais plongé dans la lecture de Perceval ou le conte du Graal.A l' époque le film EXCALIBUR de John Boorman triomphait sur tous les écrans et nous étions tous épris de légendes arthuriennes.

Pendant ma lecture, je sens que la jeune fille parle de moi en allemand à son ami qui semble approuver ce qu' elle dit.Puis, elle engage la conversation avec moi.Elle se présente.Elle s' appelle Petra, et son copain s' appelle Jürgen. Elle me demande si je suis en vacances, et puis, rapidement, au fil de la conversation elle me propose que nous découvrions Edimbourg ensemble tous les trois.J' accepte de bon gré l' invitation.

Dans les jours qui suivront, nous visiterons ensemble la ville et les alentours, irons dans les pubs ...On se raconte notre histoire personnelle, nos études, nos projets professionnels.

Nous parlons beaucoup de musique, de cinéma, de littérature, de politique avec la gauche qui vient d' arriver au pouvoir...J' apprends beaucoup de choses sur la culture allemande. Jürgen se sent obligé, à un moment donné de me parler de son père qui a été pilote dans l' aviation allemande durant la seconde guerre mondiale , ce qui lui a , entre autres, provoqué une surdité. Jürgen me dit que son père n' aime pas parler de cet épisode de sa vie.Je ressens parfaitement chez ce jeune couple l' envie de ne pas cacher, de ne pas occulter cet épisode obscur de l' histoire de leurs parents qu' ils se sentent obligés d' assumer.

Bien évidemment, au cours de nos conversations, je prends bien soin de leur faire comprendre que pour nous, il est hors de question de faire porter à la nouvelle génération allemande le poids des pêchés du nazisme.Et que, par ailleurs, nous ne confondons pas soldats allemands de la Wehrmacht et nazis.

Je me sentais très bien avec ce couple avec lequel s' était noué une sincère amitié. Seulement,il y avait un petit problème quand même.J' étais de plus en plus sous le charme de Petra qui était très séduisante, et je trouvais que la situation devenait de plus en plus fausse et  malsaine vis-à-vis de Jürgen.

Donc, je prends la décision de continuer le voyage seul vers les îles Orcades et de prendre congé de mes amis allemands.Nous échangeons nos adresses et nous promettons de maintenir le contact, une fois de retour à la maison.

Mon voyage continue donc sans eux.Je suis sous le charme de ces îles du Nord, et de l' immense sérénité et quiétude qui s' en dégagent.Je décide ensuite de redescendre l' Ecosse par la côte Ouest jusqu' à arriver à l' île de Sky où je fais de magnifiques balades en solitaire dans des paysages de montagnes.

Je prends la décision d' aller en Irlande, et quand j' arrive à la gare de Dublin... SURPRISE SURPRISE...J' entends la voix d' une fille qui crie mon prénom dans mon dos.

Je me retourne et qui vois-je ? Petra et Jürgen qui sont là également.

Alors là, les amis, j' aime autant vous dire que j' ai un vrai coup au coeur, et que j' y vois presque un signe du destin.

Nous n' avions convenu de rien, et nous nous retrouvons, PAR HASARD, dans un autre pays.

Nous nous congratulons de ces retrouvailles imprévues.Chacun raconte ce qu' il a vécu pendant la semaine antérieure, et puis nous reprenons naturellement notre voyage ensemble, et découvrons les mille et un trésors de l' Irlande et ses fabuleux paysages.

Nous ferons la traversée de retour en bateau vers l' Angleterre ensemble.Cela restera l' un des plus beaux souvenirs de ces vacances. Petra qui était rayonnante.Nous étions confortablement installés dans un salon du bar, avec vue sur une très belle mer, en dégustant du Whisky. Je me souviens même de la marque.C' était du Dimple.

C' était évident que je devenais de plus en plus amoureux de Petra, mais il était hors de question de trahir Jürgen, ou de le tenter.Ce mec était vraiment sympa, et la seule chose que je pouvais faire c' était de l' envier secrètement, sans rien en laisser paraître.

J' ai essayé de la jouer "classe"...

Nous nous sommes définitivement quittés quelques jours plus tard sur le quai de la gare à Calais.

Et puis, une fois de retour chez moi, je suis resté avec leur adresse sur ma table de chevet.

Je n'ai plus jamais repris contact avec eux.La raison en était simple.J' avais bien trop envie de revoir Petra qui s' était transformée, peu à peu, en mon idéal féminin...

Aujourd' hui, quand je repense à cette histoire j' ai envie de me donner des baffes.Comment peut-on être aussi sot !

Petra était une vraie petite princesse nordique.Elle m' enchantait, et c' est elle qui était venue vers moi.Que me fallait-il attendre de plus pour réagir ? 

Difficile de ne pas penser à ce que serait ma réaction si je revivais cette même situation mais avec mon état d' esprit actuel.Une chose est sûre.J' aurais peut-être respecté Jürgen mais je ne serais pas parti sans laisser un indice clair à Petra que mon coeur était libre, et qu' il ne tenait qu' à elle de s' en saisir.

Alors, pour revenir au film de François Ozon, il y a un moment-clé dans le film: une scène sur un quai de gare, où j' ai envie de baffer l' un des personnages...mais pour être complètement sincère, c' est moi-même que j' avais envie de baffer....quand moi aussi j' ai dit au revoir sur un quai de gare à Petra, sans oser lui envoyer un signal clair et pas équivoque.

Une histoire d' amour et d' amitié franco-allemande...
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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 16:16

Bonjour les amis,

Comme d' habitude j' ai un petit métro de retard, et je viens de voir cette semaine " Frantz" de François Ozon.

Voici un bref résumé de l' argument dramatique.

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

Ozon signe un film très académique, avec une reconstitution soignée de l' époque de l' immédiate après-première guerre mondiale,en utilisant de manière judicieuse le noir et blanc ( et en réservant l' usage de la couleur à certaines scènes).

Son film commence sur un mystère car on sent bien, dès le début, que le personnage d' Adrien n' est pas seulement qu' un ami de Frantz.

On se doute qu' il y a une situation fausse, ce qui génère un vrai malaise chez Adrien ( et aussi chez le spectateur).L' interprétation de Pierre Niney est assez époustouflante, tout en retenue, pleine de pudeur...Tout est dans le non-dit, dans le regard, dans les expressions. Ozon arrive à créer des ambiances tendues sans qu' il ne se passe pratiquement rien à l' écran.

Anna, la fiancée de Frantz essaie vainement de surmonter son deuil.Sa beauté suscite des convoitises dans le village. Paula Beer interprète avec beaucoup de justesse et de charisme la souffrance de cette jeune fiancée qui vient de perdre l' homme à qui elle s' était promise.Son visage rayonne et exprime à la fois la douleur,l' espoir et le désir de vivre.Elle est tout simplement sublime.

Dans la première partie du film, le spectateur souffre avec nos deux héros jusqu' à ce qu' Adrien finisse par libérer sa conscience.

Et à partir de ce moment-là,on quitte l' Allemagne et on revient en France où  le film s' engage dans une direction qui désoriente et intrigue le spectateur.

Adrien, sans le vouloir, a inversé une situation psychologique.Adrien est à la fois artiste, poète, et pacifiste tout comme Frantz l' était et il s' est produit une forme de transfert dont sera victime Anna.

Finalement c' est elle, Anna, la grande héroïne du film, elle qui va connaître deux grandes histoires d' amour complètement frustrées.

Quand le film se termine, on ressent un profond sentiment de déchirement...On est bouleversé.

Revenons à la facture de ce film.

Ozon a eu la bonne idée de faire des dialogues en allemand quand le film se déroule en  Allemagne , et en français lorsqu' il se déroule en France.C' est parfait et ça nous plonge de manière authentique dans chacun de ces deux pays.Au début du film, je trouvais que les dialogues allemands sonnaient un peu faux, froids et artificiels, mais ça s' arrange très vite dès que les liens entre Adrien et la famille de Frantz se resserrent.

Je n' insisterai pas sur les péripéties, et sur les autres personnages du film.

"Frantz" nous replonge dans une époque absurde de xénophobie, de patriotisme exacerbé,débile et criminel...

Le film dénonce les mensonges et les responsabilités des générations plus âgées qui ont envoyé leurs propres enfants à la grande boucherie.Mais tout ça, on le savait déjà...

Le film nous interpelle également sur le fait que deux pays qui sont culturellement si proches,  et qui ont tant de richesses artistiques à partager en sont venus à s' entre déchirer en sacrifiant leur jeunesse de la manière la plus absurde.

Mais ce qui émeut vraiment dans ce film c' est le personnage d'  Anna.C' est un magnifique rôle féminin qu' Ozon a offert à Paula Beer.

Anna, victime de la bêtise et de la barbarie humaine qui l' amputent de l' amour de sa vie...Anna qui se reprojette avec Adrien qui ne se rend pas compte qu' il est en train de provoquer des sentiments qui lui échappent.

Cette partie-là du film est la plus réussie de mon point de vue et nous rappelle des épisodes que nous avons tous vécu ou dont nous avons tous été témoin.

En effet, parfois, certaines personnes agissent comme Adrien,sont prostrées au fond de  leurs affres,ne voient plus qu' elles-mêmes, essaient de résoudre leurs graves dilemmes personnels et ne se rendent pas compte qu' elles sont en train de provoquer des bouleversements dans la  vie des autres.

Anna,c' est une héroïne magnifique,sensible,élégante,féminine,pudique,courageuse,forte et fragile,rayonnante,aimante,délicate et si belle ...C' est un personnage qui marque.C' est Anna qui permet à ce film d' être un grand film et qui lui donne un véritable souffle romantique.

 

 

 

 

 

A propos de "Frantz" de François Ozon
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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 23:32

Bonsoir les amis,

Je vais juste vous livrer quelques sensations à chaud après la qualification de l' équipe de France pour la finale de l' Euro.

C' est un match étonnant qu' ont fait les Bleus lors de cette demi finale qui les opposait au champion du Monde en titre.

D' abord un très bon début de partie avec un fort pressing français et Griezmann qui est sur le point de marquer très tôt.Ça démarre plutôt bien....

Puis très rapidement tout se dérègle, les français perdent systématiquement tous leurs duels et les allemands s' installent tranquillos dans la partie.

Les bleus,très crispés, sont incapables de remonter correctement des ballons et ratent des passes faciles.La possession du ballon est allemande pendant une longue demi-heure durant laquelle la défense française aura énormément de travail.Pendant cette très longue demi heure qui m' a parue interminable, j' ai trouvé l' équipe de France méconnaissable, une équipe jouant mal, et sur laquelle son adversaire est en train de prendre beaucoup d' ascendant.

J' ai du mal à croire ce que voient mes yeux, et qu' il y ait autant de déchet dans le jeu français.

Le stade vélodrome semble dangereusement penché et incliné avec des ballons qui reviennent systématiquement vers la cage de Lloris

Vraiment, à ce moment du match, je sens que c' est très mal parti et que les joueurs ne vont pas tarder à recevoir une correction...que ce n' est qu' une question de temps.

A quelques minutes de la fin de la première mi-temps les français se ressaisissent, et c' est à ce moment que Schweinsteiger qui est un joueur très expérimenté offre un pénalty improbable en repoussant le ballon de la main: une faute incroyable, contre le cours du jeu, et qui va changer la physionomie de la rencontre.

Les bleus mis en confiance , et avec un but d' avance, joueront nettement mieux la seconde mi-temps, et se créeront de nombreuses occasions face à des allemands obligés de se découvrir pour revenir au score.Giroud ratera une occasion en or alors qu' il était seul face à Neuer, le gardien allemand.

Griezmann, bien servi par un ballon mal repoussé de Neuer, viendra parachever la victoire.C' est lui l' homme du match qui a vraiment réussi à animer le jeu et à destabiliser la défense allemande.

Finalement ce sera une victoire indiscutable...et pourtant, on ne peut s' empêcher de penser à ce tournant incroyable du match lors du pénalty concédé par Schweinsteiger....comme un petit coup de pouce du destin...C' est ce but d' avance qui va vraiment libérer une équipe qui était très crispée, fébrile et qui commettait beaucoup d' erreurs.Une équipe que je voyais de plus en plus mal embarquée...

Comme quoi un match, ça tient parfois à pas grand chose.

Du côté allemand c' est la 2 ème fois que leurs joueurs offrent des pénaltys stupides à leur adversaires.

En effet , contre l' Italie, et alors que l' Allemagne menait au score Boateng a sauté comme un joueur de basket avec les deux bras bien levés qui ont touché le ballon.

C' est étonnant que ce soit des joueurs de la Mannshchaft qui commettent de telles bévues.Franchement on n' est pas habitué.

En attendant, on ne peut que savourer cette victoire.La dernière de la France en match officiel contre l' Allemagne datait de 1958, l' année où je suis né...Le pays était sous la présidence de René Coty !

La malédiction est rompue.

Et maintenant , en route vers la finale de dimanche contre le Portugal.

J' émets le souhait de ne plus y voir de telles périodes incompréhensibles de flottements comme la première mi-temps d' hier, et que les Bleus nous offrent uniquement le spectacle de la seconde.

Allemagne-France...ou comment les Bleus gagnent un match dans lequel ils étaient un peu mal embarqués...
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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 15:22

Bonjour les amis,

La situation humanitaire des réfugiés a pris une tournure étonnante le jour où Angela Merkel a sorti de sa manche un accord avec la Turquie qui permettait aux européens de ne pas respecter les droits d' asile des réfugiés et leurs statuts au sein de notre espace .

On sait par ailleurs que l' Allemagne oeuvre pour permettre d' accélérer l' entrée de la Turquie au sein de l' Union Européenne, même si ce pays ne respecte pas des droits aussi élémentaires que celui de la liberté d' expression, et notamment la liberté de la presse.

Aujoiurd' hui la chancelière se retrouve en situation d' arroseuse arrosée.

En effet, une simple chanson satirique passée sur la télévision publique allemande vient de créer un incident diplomatique entre la Turquie et l' Allemagne.

Ecoutez cette chanson.Les images parlent d' elles-mêmes et on comprend le contenu même sans connaître un seul mot de la langue de Goethe.

Voici un lien qui explique un peu mieux

Avouez que c' est le comble.....Que Erdogan exige d un pays de l' UE qu' il retire une chanson satirique d' un programme de la télévision publique !

Que vous faut-il de plus, amis européens, pour sentir le danger qui nous menace et qui frappe à nos portes?

Peut-on être plus clair ?

Avant-hier c' était Salman Rushdie

Hier c' était Charlie

Aujourd' hui ce sont les programmes d' humour satirique

Et demain ce sera quoi ?

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