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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 13:30

Bonjour les amis,

Je ne suis pas un fan inconditionnel d'Almodóvar mais je suis plus attentif à ses productions depuis son DOULEUR ET GLOIRE que j'avais beaucoup aimé.

C'est donc fort logiquement que je me suis intéressé à MADRES PARALELAS, son dernier opus dont voici le synopsis:

Deux femmes, Janis et Ana, se rencontrent dans une chambre d'hôpital sur le point d’accoucher. Elles sont toutes les deux célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis, d'âge mûr, n'a aucun regret et durant les heures qui précèdent l'accouchement, elle est folle de joie. Ana en revanche, est une adolescente effrayée, pleine de remords et traumatisée. Janis essaie de lui remonter le moral alors qu'elles marchent telles des somnambules dans le couloir de l'hôpital. Les quelques mots qu'elles échangent pendant ces heures vont créer un lien très étroit entre elles, que le hasard se chargera de compliquer d'une manière qui changera leur vie à toutes les deux.

Il y a un problème avec ce film qui nous raconte deux histoires.

La première est très mélodramatique mais accroche le spectateur en raison d'une forte relation émotionnelle qui lie les deux mères. Le destin va leur jouer un drôle de tour et l'évolution de leurs rapports  capte toute l'attention et tout l'intérêt du spectateur.

Dans cette partie-là Almódovar nous offre le meilleur de lui-même, en pratiquant un cinéma subtil, sensible, transgressseur aussi, mais qui ne tombe jamais dans la moindre vulgarité.

Pénélope Cruz est nommée aux Oscars, ce qui en dit long sur la qualité de son interprétation. Par ailleurs elle a gagné le prix d'interprétation féminine à la Mostra de Venise où ce film était en compétition. Elle porte son rôle de manière très convaincante et on s'identifie au millimètre près à chacun de ses états d'âme. Milena Smit lui donne le change avec beaucoup de naturel, et de sensualité aussi.

MADRES PARALELAS...un film qui mêle le meilleur et le pire d'Almodóvar.

La deuxième histoire a un rapport avec la guerre civile espagnole et l'application d'une loi récente dite de "mémoire historique" qui oblige théoriquement le gouvernement à entreprendre des fouilles des fosses franquistes dans lesquelles gisent encore plus de 100 000 victimes qui n'ont pas eu droit à une sépulture digne de ce nom.

Almodóvar surfe de manière très opportuniste sur l'actualité politique espagnole pour vendre son image militante de "mec de gauche" à côté des familles des victimes du franquisme.Cette partie du film semble écrite pour les étrangers qui ne connaissent pas bien l'histoire d'Espagne, mais pour ceux qui comme moi vivent dans ce pays depuis longtemps, elle m'a paru trop didactique, trop militante, trop démonstrative, trop évidente...

C'est du marketing de gauche. Cette partie-là je l'ai déjà vue mille fois dans d'excellents reportages de la télévision espagnole avec des témoignages réels. Alors évidemment, je sature un peu de revoir ça dans une fiction...Je sature un peu beaucoup même ! Même si c'est tourné avec toute l'habileté du grand cinéaste de la Mancha.

Curieusement et paradoxalement, cette partie qui a gêné beaucoup d'espagnols (mais pas tous) sera peut-être celle qui séduira le plus le public étranger qui n'a jamais été bombardé comme nous de reportages sur ce thème.

Il n'en reste pas moins que cette deuxième histoire greffée de manière artificielle sur le récit bâcle un peu la première et laisse le public sur sa faim.

MADRES PARALELAS...un film qui mêle le meilleur et le pire d'Almodóvar.

Oui, cette deuxième histoire permet à Almodóvar de liquider un peu trop rapidement le devenir des relations entre Janis et Ana. On espérait un déchaînement passionnel et le cinéaste botte en touche avec ses histoires de fosses franquistes.

Circulez y'a plus rien à voir. Dommage !

Je ne voudrais surtout pas vous dissuader de voir ce film qui peut être perçu de manière très différente selon votre sensibilité. Certains penseront que ça ressemble à une série télé larmoyante (genre telenovela améliorée), d'autres seront emballés (comme l'académie des Oscars...rien que ça !) et d'autres comme moi en retirent une impression très mitigée, d'inabouti, avec le meilleur d'Almodóvar qui côtoie le pire.

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4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 19:19

Bonjour les amis,

La semaine dernière, grâce à facebook, je suis tombé sur une photo du cinéma de mon enfance, l'Alhambra de Wallers-Arenberg qui est la cité minière du Nord où a été filmé le film GERMINAL de Claude Berri.

Le cinéma n'existe plus car il a été détruit dans les années 80.

 

Salle de l'Alhambra équipée avec ses fauteuils en bois

Salle de l'Alhambra équipée avec ses fauteuils en bois

André Aicart qui projetait les films

André Aicart qui projetait les films

La date ne figure malheureusement pas sur le ticket

La date ne figure malheureusement pas sur le ticket

Revoir la photo de cette salle m'a fait un drôle d'effet car tous les dimanches (ou presque) j'y allais à la séance de 16 heures.

C'est là que, entre 7 et 14 ans, j'ai vu tous les James Bond avec Sean Connery, la série des Frankensteins, des Draculas, les péplums américains de Cecil B. de Mille, et aussi les peplums européens (avec les films de Maciste et d'Hercule), les films de guerre, les westerns-spaghetti série B, des comédies américaines avec Elvis Presley, des films fantastiques un peu kitchs des années 60.

Beaucoup de nanars bien sûr mais aussi d'autres films qui frappaient mon imagination.

Par exemple, MISSION 633, un film de guerre épatant pour l'enfant que j'étais...L'escadrille britannique va t'elle  réussir à bombarder les fabriques allemandes de carburant servant pour leurs fusées ?  Quelque chose me dit qu'elle va y parvenir même si la mission paraît impossible...

Je me souviens aussi des FRERES SICILIENS, un film de mafia réalisé par Martin Ritt, avec une scène finale qui m'a secoué. Une vraie tragédie grecque à une époque où je ne savais pas encore ce qu'était une tragédie grecque.

Mon super-héros c'était quand même Sean Connery qui me faisait vraiment rêver, qui excitait terriblement mon imagination.

La rencontre avec Ursula Andress, quand elle apparaît sur la plage, la scène sous la douche avec juste un quart de seconde pour admirer sa plastique...

Je dois sans doute à cette salle mes premières émotions érotiques très fortes provoquées par des créatures fascinantes qui ne semblaient pas appartenir au commun des mortels.

Toute une grande partie de mon imaginaire d'enfant s'est projeté là, sur cet écran de l' Alhambra. Quand les lumières s'éteignaient elles laissaient place au rêve, à la magie, au merveilleux, à l'aventure...à l'érotisme aussi.

C'était mon cinéma PARADISO...

Le soir je m'endormais en ayant encore des images plein la tête du film que j'avais vu l'après-midi.

Proust avait commencé DU CÔTÉ DE CHEZ SWANN avec cette phrase: " Longtemps je me suis couché de bonne heure...."

Pour ma part je pourrais le paraphraser en disant: " Longtemps je me suis couché de bonne heure avec dans l'esprit les images d'un film vu à l'Alhambra le dimanche à la séance de l'après-midi..."

Merci à André Aicart pour avoir été l'un des artisans de ce bonheur.

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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 11:34

Bonjour les amis,

Après avoir été ébloui par ILLUSIONS PERDUES de Xavier Giannoli, Fatizo m'a recommandé de voir son film antérieur L'APPARITION.

 

Je souscris à tout ce qu'a écrit mon ami. Je soulignerais aussi qu'une part importante de ce film est dans le non-dit, dans les expressions, dans les gestes, dans les regards.

C'est aussi un film dans lequel le metteur en scène laisse au spectateur compléter certains blancs en lui fournissant simplement des pistes, des éléments indicateurs qui lui permettront d'imaginer une part de la narration. Gionnali parie sur l'intelligence du spectateur, ne se sent pas obligé d'être trop explicite.

L'interprétation de Galatea Bellugi apporte beaucoup de consistance au récit. Son regard lisse, ouvert, candide, parfois solaire nous touche, nous magnétise... comme une révélation...

J'ai été bouleversé par la partie finale que je trouve très subtile et assez géniale mais aussi, j'ai été saisi d'un léger doute: je me suis demandé si je n'avais pas raté un élément important du récit...J'ai donc fait des recherches pour être sûr de ne pas être passé à côté d'un détail-clé et je suis tombé sur une critique très complète du film  que je partage avec vous. Une critique qui a élargi également mon champ de perception de cette oeuvre.

Ce brillant article a donc confirmé ce que j'avais capté moi-même, à savoir, que le film termine d'une manière magistrale sur une forme de mensonge qui n'en est pas un...qu'il y a un point indépassable où la vérité purement scientifique s'efface devant le mystère et que la réponse est en chacun d'entre nous.

Tout simplement admirable...

J'avais été ébloui par ILLUSIONS PERDUES mais l'APPARITION aussi est un chef d'oeuvre.

 

L'APPARITION...ou quand une enquête se transforme en quête...
L'APPARITION...ou quand une enquête se transforme en quête...
L'APPARITION...ou quand une enquête se transforme en quête...
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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 12:01

Bonjour les amis,

Certains faits divers sont choquants et celui dont je vais vous parler aujourd'hui l'est particulièrement.

Ça se passe à Paris, dans une rue très fréquentée. Un hombe tombe ou s'allonge pris d'un malaise, on ne sait...il va rester 9 heures dans le froid avant qu'un sans-abri ne donne l'alerte. L'homme, René Robert, un artiste photographe connu de 84 ans, ne survivra pas...

Comment est-ce possible ?

Un octogénaire est allongé dans le froid pendant 9 heures et des centaines de passants vont continuer imperturbablement leur chemin sans s'en inquiéter ?

A quel degré d'inhumanité sommes-nous arrivé ?

N'y a t'il plus que les vidéos reçues sur nos portables à travers les réseaux sociaux qui nous fassent réagir? On en est là ?

Le réel ne nous interpelle t'il que lorsqu'il est relayé à travers un média ?

Un frère humain se meurt sous nos yeux et personne n'a l'idée de s'arrêter pour savoir ce qui se passe ?

Nous reste t'il encore une once de conscience ?

Sommes-nous déjà de parfaits abrutis ? des êtres froids ? des robots ?...ou pire ?

Les questions se bousculent dans ma tête, et la seule chose que je peux affirmer, c'est que c'est arrivé et que ce fait divers est une honte pour la ville de Paris et pour le genre humain en général.

Je vis dans une bourgade de province de dix mille habitants dans laquelle ce genre de drame serait tout simplement impensable, mais je me suis posé la question de savoir si, moi aussi, j'aurais pu faire partie de ceux qui ne s'arrêtent pas si je vivais dans une grande ville...Vraiment cette affaire nous interpelle tous.

Cette disparition tragique de René Robert a reçu un écho international. Voici un article qui lui a été consacré dans le journal espagnol EL PAIS dans lequel vous pourrez voir certains de ses clichés sur le monde artistique du flamenco.

René Robert s'intéressait beaucoup à la culture flamenca et au monde gitan, un monde dans lequel la solidarité fait partie intégrante de la vie. Cette solidarité est dans l' ADN des membres de cette communauté. Jamais un gitan ne mourra seul dans le froid...c'est tout simplement impossible...grotesque, même.

Notre culture occidentale nous a déshumanisé, affaibli, nous a fait perdre nos valeurs, nos instincts de survie aussi...Cela fait longtemps que je pense que si l'humanité doit traverser des crises majeures très graves, certaines minorités ethniques plus pauvres vivant dans la précarité s'en tireraient mieux que nous. Elles sont mieux armées que nous car cet instinct de survie et de solidarité sociale, elles ne l'ont jamais perdu...

En cas de cataclysme l'homme occidental est mort car bien trop égoïste, bien trop insolidaire.

Ou alors, faudra t'il que nous traversions une très grave crise pour que nous nous resaisissions ?

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27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 08:32

Bonjour les amis,

J'ai enfin pu voir le film dont tout le monde parle: le NIGHTMARE ALLEY de l'oscarisé Guillermo del Toro (auteur, entre autres, de LA FORME DE L'EAU).

Avant toutes choses, sachez que ce film est un remake d'un film noir qui date de 1947 avec Tyrone Power.

Voici le synopsis:

Alors qu’il traverse une mauvaise passe, le charismatique Stanton Carlisle débarque dans une foire itinérante et parvient à s’attirer les bonnes grâces d’une voyante, Zeena et de son mari Pete, une ancienne gloire du mentalisme. S’initiant auprès d’eux, il voit là un moyen de décrocher son ticket pour le succès et décide d’utiliser ses nouveaux talents pour arnaquer l’élite de la bonne société new-yorkaise des années 40. Avec la vertueuse et fidèle Molly à ses côtés, Stanton se met à échafauder un plan pour escroquer un homme aussi puissant que dangereux. Il va recevoir l’aide d’une mystérieuse psychiatre qui pourrait bien se révéler la plus redoutable de ses adversaires…

 

Guillermo del Toro signe une oeuvre qui est un magnifique hommage au ciné noir des années 40 et 50. Son film se divise en deux parties.

Une première partie absolument géniale qui nous plonge dans l'atmosphère très oppresante d'une foire aux horreurs des années 40. L'esthétique est délicieusement "vintage". Cette partie du film nous rappelle un peu FREAKS, un film très controversé des années 30.

Chaque plan du film est un tableau extrêmement soigné (composition, couleurs, ombres et lumières, etc...).

L'esthétique des années 40 est très travaillée et Guillermo del Toro y apporte aussi tout son génie personnel. C'est très " gothique" !

Les cinéphiles reconnaîtront des clins d'oeil à d'autres films qui nous ont fait frémir, notamment le METROPOLIS de Fritz Lang.

Del Toro nous dépeint chez les forains toute une gallerie de personnages très pittoresques, et parfois terribles ou terrifiants qui évoluent dans un environnement boueux et sombre à souhait.

C'est ma partie préférée du film. Le metteur en scène a réussi à recréer l'ambiance qui me captivait et me terrorisait quand j'étais enfant et que j'allais à la fête foraine dans le train fantôme, ou quand j'allais voir les films de terreur en noir et blanc, notamment les Frankensteins.

La deuxième partie du film nous transporte dans la haute société new-yorkaise dans laquelle Stan, notre héros interprété par Bradley Cooper, utilise ses dons de charlatan qui lit faussement dans les pensées d'autrui pour abuser de la crédulité de personnes puissantes et très riches. Pour arriver à ses fins il aura besoin des services de Lilith, une psychiatre vénéneuse interprétée de manière très sophistiquée par Cate Banchett.

Lilith, personnage sombre et mystérieux à souhait, dont on ne sait pas si elle n'agit pas en réalité comme une araignée, de celles qu'on appelle les veuves noires.

Molly, la jeune compagne de Stan, est le seul personnage non corrompu et au coeur pur qui évolue dans un monde aussi sombre et inquiétant. C'est le seul personnage auquel se raccroche le spectateur dans cette deuxième partie étouffante pour y trouver un peu d'air frais.

Cette deuxième partie est très amorale et nous mène vers une fin qui boucle parfaitement la boucle et qui donne à toute l'oeuvre une grande homogénéité. Une fin terrible et géniale qu'on pressent peu à peu...

 

Alors, si on se résume, ce film pourrait être un chef d'oeuvre absolu dans l'histoire du cinéma, et il le sera sans doute pour certains...

Quel est donc le seul petit bémol qu'on pourrait émettre? J'y ai réfléchi car, curieusement j'ai ressenti qu'il manquait quelque chose à cette oeuvre sans être capable de savoir quoi dans l'immédiat.

Dans la deuxième partie il y a de la sophistication et aussi de la froideur, par ailleurs parfaitement voulues et maîtrisées par le metteur en scène.

En y réfléchissant bien, ce qui peut décevoir dans ce film c'est l'écriture des personnages de Stan et de Lilith. On attend de grosses révélations sur leur passé mais quand elles arrivent elles paraissent un peu simples, voire simplistes...On espérait une plongée psychologique fouillée au coeur du mal, une explication intime, mais on reste un peu sur sa faim. Finalement on ne s'identifie jamais à Stan. On le voit souffrir mais on ne souffre pas avec lui...On garde ses distances.

Je terminerai en vous disant que, pour ma part, je vais revoir ce film car l'esthétique est si riche et si dense que j'ai besoin d'une deuxième projection.

 

NIGHTMARE ALLEY...une plongée vertigineuse dans un univers de fantasmagorie et de cauchemar.

PS: Le titre du film en espagnol n'est pas mal...EL CALLEJÓN DE LAS ALMAS PERDIDAS...qu'on pourrait traduire approximativement par LE BOULEVARD DES ÂMES PERDUES....même si callejón a plutôt le sens de ruelle obscure ou d' impasse...

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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 06:51

Bonjour les amis,

J'ai enfin pu voir avec quelques mois de retard l'adaptation qu'a fait Xavier Giannoli du grand roman de Balzac (le plus abouti selon Marcel Proust).

Tout a déjà été dit sur cette somptueuse adaptation. La bande-annonce ne trompe pas sur la marchandise. C'est une magnifique mise en scène, très enlevée, qui nous rappelle par certains aspects le AMADEUS de Milos Forman. D'ailleurs Giannoli utilise abondamment la musique pour donner du rythme à son film, pour nous faire passer des ambiances de fêtes les plus frivoles à des climats plus romantiques, voire dramatiques et ténébreux.

Les dialogues sont ciselés avec des mots qui font mouche.

Ce qui frappe le plus dans ce film c'est l'incroyable modernité de cette oeuvre qui vilipende le cynisme à la fois cruel et frivole d'une société où tout s'achète et tout se vend. Comme si Balzac avait bien compris toutes les tares qui continuent aujourd'hui encore de tarauder notre société, comme si il avait bien capté notre perte pour ne pas dire absence totale de valeurs morales.

Nous sommes durant la restauration de la monarchie, en pleine mouvance libérale. On assiste à la collusion entre le pouvoir politique et la presse, une presse qui n'hésite pas à manipuler l'information (à faire de l'infox ou à émettre des fake-news avant que le terme n'existe). A noter une utilisation très drôle dans le film de métaphores animalières avec des volailles telles que les canards, les pintades ou aussi les pigeons...

Ce film est aussi une peinture sociale cruelle qui fait apparaître le mépris de Paris pour la Province (qui visiblement ne date pas d'hier...), la différence entre ceux qui portent un nom à particule et les autres, le mépris social envers les comédiens et les comédiennes de théâtre qui sont à la fois adulées mais maintenues à distance des plus hautes sphères aristocratiques.

 

Alors les amis, il y a une question qui m' a taraudé pendant toute la projection. Je n'ai pas lu le roman de Balzac, or ce qu'on entend dans le film est si moderne que ça frise parfois l'anachronisme.

Quand Etienne Lousteau (joué par Vincent Lacoste) parle de ligne éditoriale du journal, je ne suis pas sûr que le concept existait à l'époque. Quand il affirme que tout ce qui est probable serait donné pour vrai dans son canard, je ne suis pas certain que le roman soit allé aussi loin dans la satire et la caricature. Bref, les dialogues m'ont paru si modernes (non pas tant au niveau de la langue utilisée mais des concepts abordés) que je n'ai pas arrêté de me poser la question de savoir si Balzac avait été aussi visionnaire.

J'ai enquêté sur le web pour trouver une réponse à cette question mais sans succés.

Alors, il ne me reste plus qu'une seule manière d'y répondre, c'est de lire moi-même le roman.

PS: En ce qui concerne l'interpétation de Benjamin Voisin en Lucien de Rubempré j'ai eu quelques difficultés au début du film, le trouvant un peu trop "bellâtre", voire inconsistant, pour ne pas dire "tête à claques"...mais, là encore, il faudrait avoir lu le roman pour savoir si Giannoli a été fidèle à Balzac.

ILLUSIONS PERDUES...à voir...et à lire.
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22 janvier 2022 6 22 /01 /janvier /2022 13:23

Bonjour les amis,

On m'avait indiqué sur mon blog parmi les bonnes réalisations de 2021  BOÎTE NOIRE le film de Yann Goslan.

Voici le synopsis:

Que s’est-il passé à bord du vol Dubaï-Paris avant son crash dans le massif alpin ? Technicien au BEA, autorité responsable des enquêtes de sécurité dans l’aviation civile, Mathieu Vasseur est propulsé enquêteur en chef sur une catastrophe aérienne sans précédent. Erreur de pilotage ? Défaillance technique ? Acte terroriste ? L’analyse minutieuse des boîtes noires va pousser Mathieu à mener en secret sa propre investigation. Il ignore encore jusqu’où va le mener sa quête de vérité.

Alors j'ai vraiment été emballé par ce thriller français qui n'a rien à envier à ses homologues américains.

Un scénario qui tient en haleine de bout en bout...Un rythme très bien maintenu pendant plus de 2 heures et 10 minutes, sans le moindre temps mort.

L'intérêt du spectateur est sans cesse relancé.

Le scénario fait penser un peu aux trames des romans de John Grisham. D'ailleurs je ne serais pas surpris que les américains soient tentés de faire un remake.

Le film nous plonge dans un monde que nous ne connaissons pas bien, celui du bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile.

Mathieu, notre héros expert en acoustique conclut rapidement son enquête sur le crash avant de se rendre compte qu'il y a des détails qui ne collent pas. Il commence donc une enquête personnelle qui n'est pas approuvée par sa hiérarchie, et sera amené à lutter seul contre tous pour chercher à établir la vérité.

Le scénario très habile nous fait suivre différentes pistes découvertes par Mathieu, le technicien surdoué et expert en informatique. Par ailleurs c'est un scénario au thème original qui nous fait entrer, entre autres, dans le monde des intelligences artificielles.

Pierre Niney dans le rôle de Mathieu nous captive durant tout le film.Il m'a fait un peu penser à John Travolta dans le BLOW OUT de Brian de Palma.

Yan Goslan n'a rien à envier à Brian de Palma ou à Alan Pakula. Il signe un thriller efficace qui nous accroche de bout en bout.

Je me suis ré-ga-lé...!

 

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21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 16:43

Bonjour les amis,

On m'avait conseillé la semaine dernière de voir THE FATHER de Florian Zeller, et c'est maintenant chose faite.

Voici le synopsis.

Anthony (Anthony Hopkins) octogénaire acerbe, et quelque peu espiègle, s'obstine à vivre seul et à rejeter toutes les personnes que sa fille Anne (Olivia Coleman) engage pour s'occuper de lui. Or le vieillard est atteint de troubles graves, de pertes de mémoire, et semble de plus en plus déconnecté de la réalité...

L'idée du film est assez originale : le spectateur suit toute la narration avec les yeux d'Anthony. On est dans sa peau. On voit les choses telles que lui les voit.

Or, Anthony est confronté à des incohérences, à l'incompréhension. Il ne comprend plus avec qui il parle, ni même parfois où il se trouve...Le monde s'apparente à un puzzle angoissant dont il n'y a pas moyen d'assembler correctement les pièces. Les visages changent, les prénoms aussi...

Tout est filmé sur le mode d'un thriller psychologique avec des moments de tension qui sont parfois hithcockiens.

Anne est plongée au coeur d'un terrible dilemme. Elle essaie désespérément de trouver une solution qui lui permette de respecter les volontés de son père sans qu'il ne lui en coûte de renoncer à sa propre vie.

Le spectateur, quant à lui tente, de décrypter cette réalité parallèle absurde vécue par Anthony mais ce n'est pas toujours simple. On sait bien qu' Anthony est dans la confusion mais on a nous aussi a des difficultés à rétablir la vérité. Du coup, on se trouve réellement dans la peau de quelqu'un qui souffrirait de démence sénile ou de la maladie d'Alzheimer. 

L'impossibilité de rendre le monde intelligible génère une terrible angoisse.

THE FATHER est un film dur, éprouvant et parfois suffocant.

Il y a aussi le fait que les troubles d'Anthony lui font révéler, sans filtres, les secrets les plus intimes qui le lient à sa fille. Certaines de ses pensées profondes de père ont sans doute été occultées tout au long de sa vie mais là, il les révèlent de manière complètement désinhibée, ce qui fait de ce film un récit cruel également : un face-à-face père-fille implacable qui demandera à Anne beaucoup d'amour et de compréhension.

Le film serait à la limite du supportable s'il n'était pas servi par d'immenses acteurs qui interprètent chacun leurs rôles avec sensibilité. Hopkins fait montre de toute la palette de son  talent...et Coleman nous bouleverse.

Les seconds rôles aussi sont interprétés aussi avec beaucoup de justesse psychologique.

THE FATHER est un film qui perturbe terriblement car on connaît tous dans notre entourage des Anthony, sans nécessairement imaginer toute la souffrance que la démence sénile peut provoquer chez eux et chez leurs proches.

 

 

 

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20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 08:23

Bonjour les amis,

Une fois n'est pas coutume je vais vous parler d'un film qui est encore à l'affiche en ce moment.

Il s'agit de ADIEU MONSIEUR HAFFMANN de Fred Cayavé, tiré d'une pièce de théâtre éponyme de Jean-Philippe Daguerre.

Voici le synopis:

Paris 1941. François Mercier est un homme ordinaire qui n’aspire qu’à fonder une famille avec la femme qu’il aime, Blanche. Il est aussi l’employé d’un joaillier talentueux, M. Haffmann. Mais face à l’occupation allemande, les deux hommes n’auront d’autre choix que de conclure un accord dont les conséquences, au fil des mois, bouleverseront le destin de nos trois personnages.

 

Le thème de ce film fait immédiatement penser à deux chefs d'oeuves du cinéma, le MONSIEUR KLEIN de Joseph Losey (dont je n'ai vu que des extraits) et LE DERNIER MÉTRO de François Truffaut.

Dans ce film Haffmann est obligé de se cacher dans sa propre cave, protégé par le couple que forment François et Blanche Mercier.

Il s'agit donc d'un huis-clos durant lequel les époux vont évoluer et se révéler. Au début du film le spectateur a de l'empathie pour certains personnages et moins pour d'autres mais, au fil des difficultés provoquées par cette situation peu ordinaire, notre regard va changer peu à peu: les rôles préétablis ne seront pas ce que l'on croyait.

Ce film est aussi une magnifique illustration de ce que disait en son temps Raymond Barre. 

" On ne déjeune pas avec le Diable, même avec une longue cuillère..."

Et le diable ici, c'est le commandant nazi Jünger, interpété par Nikolai Kinski (fils du grand Klaus Kinski).

Jünger est un représentant de la force occupante, grand esthète qui adore la capitale française, mais qui aime aussi s'acoquiner avec des femmes aux moeurs légères (les deux choses n'étant bien évidemment pas incompatibles).

Le film nous montre comment les circonstances, si on n'y prend pas garde, peuvent transformer un brave type sans histoires en un personnage devenu vile, lâche, voire répugnant.

Les trois rôles principaux sont très bien interprétés. Ce sont les trois acteurs qui portent le film:

- Daniel Auteuil, remarquable par ses silences, ses regards...avec lui, tout est dans le non-dit. Il est magistral, au faîte de son art.

- Gilles Lellouche qui joue parfaitement son rôle de personnage qui bascule, et qui passe par plein de sentiments forts et contradictoires.

- Sara Giraudeau qui va crescendo et qui termine le film en apportant beaucoup d'intensité à son personnage.

Voila. Je n'en dis pas plus.

Le sujet était périlleux car déjà traité au cinema mais le scénario construit en forme de piège maintient le spectateur en haleine et réserve des surprises.

L'année cinématographique 2022 commence plutôt pas mal...Pourvu que ça dure!

 

 

 

PS: Après avoir vu ce film, je vais visionner MONSIEUR KLEIN et réparer cette lacune cinématographique.

Et peut-être aussi visionner LUCIEN LACOMBE de Louis Malle que je n'ai jamais vu en entier.

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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 09:55

Bonjour les amis,

j'ai enfin pu voir le 3 ème opus des OSS 117 réalisé cette fois-ci par Nicolas Bedos et intitulé ALERTE ROUGE EN AFRIQUE NOIRE.

On avait laissé notre héros à Rio en 1967 et on le retrouve en 1981. Ça surprend un peu car il y avait matière à faire quelques OSS durant les années 70.

Par ailleurs on change de metteur en scène et ce n'est plus Michel Hazanavicius qui est à la réalisation mais Nicolas Bedos. J'avais donc quelques craintes...qui se sont rapidement confirmées.

Le gros problème avec Bedos c'est qu'il en fait trop et qu'il maltraite son personnage.

Souvenez-vous de Hubert Bonisseur de la Bath dit OSS 117: c'était un espion sûr de lui, extraverti, qui se la pète, qui ne doute de rien, dragueur assez lourd, plein des préjugés ringards propres à son époque , mais à qui tout réussissait grâce à son panache à la française et à sa naïveté. Donc il y avait un mélange subtil qui nous le rendait extrêmement sympathique.

Nicolas Bedos fait évoluer le personnage qui devient veillissant et force le trait en le rendant encore plus grotesque, mais aussi impuissant, loser et même parfois assez mesquin.

Du coup OSS est maltraité par les autres personnages ce qui casse un peu les codes convenus de notre archétype de Superdupont toujours triomphant.

Mais le pire c'est que le film perd en humour comme si le réalisateur se sentait obligé de se moquer ouvertement de son personnage et de céder au politiquement correct. Il y a une règle au théâtre qui s'applique au cinéma. Un personnage ridicule ne rit jamais de lui-même sur scène. Il joue au premier degré...Et là, c'est comme si OSS se rendait compte que les autres se moquent de lui et essayait de rectifier, ce qui casse la dynamique du rire. OSS devient pathétique et c'est au au détriment de l'esprit du comique de situation.

Alors, rassurez-vous, il y a quand même Jean Dujardin qui arrive par sa prestation à sauver son personnage. Il y a aussi quelques scènes extrêmement drôles qui font que le film mérite d'être vu.

Par exemple, quand OSS est perdu dans la brousse et qu'il essaie de retrouver une piste avec une carte d'Afrique qui représente TOUTE l' Afrique, c'est vraiment trop drôle !

On retrouve aussi certaines répliques qui font mouche...mais elles sont trop rares cette fois-ci.

Quand Bedos fait dire dans le film à OSS que les femmes n'ont pas de cerveau, c'est pas drôle.

Par contre d'autres répliques sont mieux ajustées. Je vous en cite une.

Le chef d'OSS lui explique que le président de la République française a abattu 3 éléphants le mois dernier, et OSS de répondre, imperturbable:

" -  De toutes façons,il y en a plein ! " 🤣

Je concluerai en vous disant que le film est inégal, qu'il y a des longueurs parfois ennuyeuses ou qui n'apportent rien, mais que le spectateur est quand même récompensé de sa patience par certaines scènes où on retrouve bien toute la saveur humoristique des deux OSS antérieurs.

A voir donc !

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